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PUBLICATIONS
   
 

 

PREMIER COLLOQUE

 

TERMES DE REFERENCE DES JOURNEES SUR L’ALIMENTATION AU CONGO

  Thème : Les enjeux de l’alimentation dans un monde globalisé : problématique de la   
                 sécurité alimentaire au Congo

L’alimentation  est un droit universel et humain qui, comme les autres droits de l’homme, est au fondement de la dignité et de la liberté humaines. C’est dire que priver les individus de nourriture est une atteinte à la fois à leur dignité et à leur liberté. Dans cette perspective, les principaux enjeux de l’alimentation pour les Etats-Nations peuvent être formulés ainsi qu’il suit :

  1. Garantir aux citoyens une alimentation saine et à moindre coût afin de préserver leur dignité et leur liberté ;
  2. Assurer la sécurité alimentaire nationale, c'est-à-dire :
    1. concevoir un modèle alimentaire adapté au contexte économique et socioculturel national ;
    2. maîtriser la chaîne de production et de distribution des aliments.

Ces enjeux doivent être interprétés dans le contexte actuel de la mondialisation où les rapports économiques, financiers et socioculturels internationaux sont désormais régulés, pour une large part, par les organismes privés (entreprises industrielles et commerciales multinationales, Grandes banques internationales, Investisseurs institutionnels…..) qui prônent le libre échange et / ou l’ouverture des économies nationales. La régulation inter-étatique, caractéristique de la mondialisation de la période 1960-1980, au cours de laquelle l’internationalisation des activités des firmes multinationales (F.M.N) était soumise à la volonté des Etats-nations, a donc davantage cédé la place à la régulation privée. Désormais, les Etats-nations se font concurrence pour attirer les investissements directs étrangers (I.D.E) et les firmes multinationales (F.M.N) savent tirer profit des disparités nationales en poussant à l’ouverture des économies. Elles disposent pour cela d’une arme qu’elles ont mise elles-mêmes au point, à savoir un vaste marché mondial internalisé. Ce marché favorise la circulation des biens, des services, des technologies, des capitaux, des hommes et des cultures sans passer par les Etats-nations, bien qu’avec leur appui.
C’est dire que désormais les stratégies de développement dans tous les domaines sont définies sous l’impulsion des acteurs dominants de la mondialisation n’ayant pas un statut public.

Dans un tel contexte et au regard des enjeux de la sécurité alimentaire ci-dessus définis, la problématique du thème des journées sur l’alimentation au Congo peut être formulée ainsi :
De quelle marge de manœuvre disposent les Etats-nations  en général, et l’Etat Congolais en particulier, pour définir et mettre en œuvre des stratégies nationales de sécurité alimentaire dans un monde globalisé ? Autrement dit, est-il encore possible, pour les Etats-nations, de définir et de mettre en œuvre des stratégies alimentaires indépendantes de celles des firmes multinationales (FMN) agro-alimentaires ?

En organisant ces journées, le CE.PRO.D poursuit les objectifs suivants :

  1. donner un aperçu de la problématique mondiale de l’alimentation depuis le « cycle de Doha »  (novembre 2001) ;
  2. faire l’état des lieux des problèmes alimentaires au Congo ;
  3. analyser les stratégies ou les problèmatiques de la sécurité alimentaires au Congo ;
  4. sensibiliser les pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en place une stratégie efficace pour assurer la sécurité et l’autosuffisance alimentaire au Congo.

Au regard de ces objectifs, les sous-thèmes sur lesquels devront porter les communications sont les suivants :

  1. dispositions juridiques sur l’exercice du droit à l’alimentation au Congo ;
  2. problèmes alimentaires et sociologie des modèles alimentaires au Congo ;
  3. stratégies actuelles et perspectives de la sécurité et de l’autosuffisance alimentaires au Congo.

 

 

                              
                                          
Centre de Prospective pour le Développement

 

CONCLUSIONS DES JOURNEES SUR L’ALIMENTATION
AU CONGO

Tenues à Brazzaville du 7 au 8 août 2008, sous l’égide du Professeur Charles Zacharie BOWAO, Président du Comité scientifique du Centre de Prospective pour le Développement (CE.PRO.D), les journées sur l’alimentation au Congo ont eu pour thème central « Les enjeux de l’alimentation dans un monde globalisé : problématique de la sécurité alimentaire au Congo ».

Ouvrant les travaux, le Président du Comité scientifique du Centre de Prospective pour le Développement (CE.PRO.D) a précisé que la sécurité alimentaire est un défi mondial et que ce défi procède d’une aspiration légitime à l’accès, à tout moment pour chaque individu, à une nourriture quantitativement et qualitativement suffisante pour mener une vie saine et active.
Cette sécurité alimentaire, enjeu de santé publique, est aussi un enjeu éminemment politique et même avant tout  politique. C’est un combat qui doit mobiliser tous les acteurs de la chaîne alimentaire, c’est-à-dire, l’Etat, les opérateurs économiques, les agriculteurs, les Organisations Non Gouvernementales (O.N.G), les chercheurs et les consommateurs.

Après l’ouverture des travaux, les participants ont suivi huit (8) communications s’inscrivant dans les sous-thèmes ci-après :

  • le droit à l’alimentation ;
  • les problèmes alimentaires et sociologie des modèles alimentaires au Congo ;
  • Stratégies actuelles et perspectives de la sécurité et de l’autosuffisance alimentaires au Congo.

S’agissant du sous-thème 1, les participants ont débattu des communications de Messieurs Paul Gomez OLLAMBA et Jean POATY portant respectivement sur « le droit à l’alimentation » et « les dispositions juridiques sur l’exercice du droit à l’alimentation au Congo. »

Ces deux communications ont mis l’accent sur le devoir de l’Etat de garantir le droit des individus à accéder à une alimentation saine.

Les préoccupations essentielles des participants ont porté sur la législation congolaise sur l’alimentation, les obligations de l’Etat congolais à assurer la sécurité alimentaire et à diligenter l’élaboration d’un code de conduite concernant le droit à la nourriture, en associant les organisations de la société civile.

Les débats relatifs au sous-thème 2 ont eu pour soubassement quatre (4) communication à savoir :

  1. Les problèmes alimentaires au Congo, présentée par  Monsieur Dieudonné  MOUSSALA.

Cette communication a relevé la faiblesse du système de sécurité alimentaire au Congo qui expose le consommateur aux dangers certains en consommant des aliments contaminés. Elle a par ailleurs mis en évidence le fait que la production nationale est étouffée par le manque de réseaux routiers fiables. Ce qui fait que la couverture des besoins alimentaires soit assurée par les importations des produits alimentaires souvent de qualité douteuse et parfois ne respectant pas l’éthique.

  1. Les mets traditionnels au Congo : un enjeu sociologique et identitaire, présentée par Monsieur Samuel KIDIBA.

Cette communication a mis en évidence le fait que la république du Congo, grâce à sa diversité culturelle, présente un éventail de mets traditionnels propres aux communautés ethniques que compte le pays. Le fait de les délaisser au profit des produits et des modèles de consommation importés et en inadéquation avec les habitudes alimentaire nationales, pose des problèmes identitaires et de production.

  1. Alimentation et Santé, présentée par Madame Génévièvre MALOUMBI. L’auteur de la communication a montré que depuis l’origine des temps, l’alimentation a été et reste encore une préoccupation de l’humain, car se nourrir n’est pas qu’une question de survie, mais un besoin vital de l’organisme. Une alimentation équilibrée est fondamentale pour le maintien d’une bonne santé et des performances optimales de l’individu. C’est pourquoi, on est toujours en quête d’une nourriture saine et mieux adaptée aux états physiologiques de l’individu tels que la croissance, la puberté, la gestation, l’allaitement, les maladies.

Cette communication a mis en évidence non seulement la nécessité de l’étude des aliments locaux pour en explorer la richesse en éléments nutritifs, mais aussi la nécessité de l’éducation des citoyens en matière nutritionnelle en liant l’alimentation à la santé.

  1. L’offre des biens alimentaires et  l’inflation : cas du Congo, présentée par Monsieur Francky MOUTOU-KANGO.

Cette communication a mis en évidence l’importance de la place des produits alimentaires dans la structure de l’indice général des prix à la consommation et de la dynamique de l’inflation au Congo. Le conférencier a proposé la création d’une cellule de crise alimentaire formée essentiellement des experts de l’agriculture, du commerce, du transport, des travaux publics, de la recherche et de l’économie.

S’agissant du sous-thème 3, les participants ont débattu des communications de Messieurs TSENGUE TSENGUE et Didier NGALEBAYE portant respectivement sur :

  1. Politique technologique et sécurité alimentaire ;
  2. La réponse congolaise à la crise alimentaire.

Dans sa communication, Monsieur TSENGUE-TSENGUE a mis en évidence le fait que la crise alimentaire résulte de l’incapacité du système productif agricole et agro-industriel de produire suffisamment d’aliments pour couvrir les besoins des populations. Cette incapacité est due à la régression de l’agriculture et à la quasi-inexistence de l’agro-industrie.
La régression de l’agriculture a pour cause principale le manque de mécanisation des processus culturaux qui induit une très faible productivité du travail agricole.
Aussi, pour assurer la sécurité alimentaire, il faut une politique technologique permettant d’utiliser les ressources locales pour produire les aliments. Cette politique technologique devra avoir deux principaux objectifs, à savoir :

  1. mécaniser les diverses opérations culturales ;
  2. réaliser les économies d’échelle par la création ou le regroupement des exploitations agricoles de taille optimale permettant une meilleure rentabilisation des investissements de mécanisation.

 

De tels objectifs ne peuvent être atteints, d’après le conférencier, qu’en mettant en œuvre une politique industrielle assurant la production des équipements agricoles et de transformation des produits agricoles.

  1. Monsieur Didier NGALEBAYE quant à lui a présenté la réponse du Gouvernement congolais à la crise alimentaire. D’après le conférencier, face à la crise alimentaire qui secoue actuellement les pays du monde entier et dont l’une des manifestations est la flambée des prix des produits alimentaires sur le marché, le gouvernement congolais propose une réponse qui vise à contenir la situation présente et à sortir de la crise par une démarche durable qui prend en compte les éléments suivants :

 

  • l’anticipation des remous sociaux possibles par des mesures de court terme, notamment celles ayant pour objectif d’abaisser les prix des produits alimentaires ;
  • l’adoption du cadre opérationnel de mise en œuvre du Programme National pour la sécurité Alimentaire 2008-2009 ;
  • la mise en route du fonds de soutien à l’agriculture.

Fait à Brazzaville, le 8 août 2008.

 

DEUXIEME COLLOQUE